La poésie est-elle morte ?
Enrichi d’illustrations magnifiques, ce recueil tiré de mes expériences les plus sombres et les plus extatiques vous arrachera des larmes de joie, de tristesse et de rage. Composés avec mes entrailles, trente poèmes vous rappelleront que la vie vaut la peine qu’elle nous donne.
En collaboration avec Jeanne, Laura, Jessica, Carina, Sam, Carla, Lia, Ariana et Mia, soixante photographies en noir & blanc illustrent ces poèmes avec éloquence. Qui a dit que la poésie était poussiéreuse ? La poésie est célébration de la vie dans ses manifestations les plus intenses. Elle est une ode à la vie spirituelle et matérielle. Elle nous rappelle que nous sommes mortels et que chaque seconde de notre passage sur Terre est aussi riche que l’univers entier.
La poésie est-elle morte ?
Enrichi d’illustrations magnifiques, ce recueil tiré de mes expériences les plus sombres et les plus extatiques vous arrachera des larmes de joie, de tristesse et de rage. Composés avec mes entrailles, trente poèmes vous rappelleront que la vie vaut la peine qu’elle nous donne.
En collaboration avec Jeanne, Laura, Jessica, Carina, Sam, Carla, Lia, Ariana et Mia, soixante photographies en noir & blanc illustrent ces poèmes avec éloquence. Qui a dit que la poésie était poussiéreuse ? La poésie est célébration de la vie dans ses manifestations les plus intenses. Elle est une ode à la vie spirituelle et matérielle. Elle nous rappelle que nous sommes mortels et que chaque seconde de notre passage sur Terre est aussi riche que l’univers entier.
Extraits de Héra doit être folle de rage :
POLYCHROME
*
Je suis jaune comme le remords
Et vert comme le désir
L’un et l’autre me dévorent
Les vers se préparent à bondir
Je suis bleu comme l’infini
Et rouge comme la poussière
Tout l’univers se marre
Ridicule ? Certes oui
Je suis blanc comme un bébé
Et noir comme une pensée
L’espoir est un mégot
Le désespoir un escroc
Mes entrailles sont brunes
À l’intérieur ça triture
Mais le rêve au-dessus
Il est pur, oh ! comme il est pur
LES PEINES ET LES JOURS
*
Les peines s’égrènent
Les joies flamboient
La haine aboie
Les mois s’étreignent
L’espoir bégaye
Le soleil s’effraye
La mémoire s’amarre
Le sommeil démarre
Le cœur se leurre
L’heure fuit
La nuit se meurt
Aujourd’hui luit
Le monde gronde
L’âme s’enflamme
La ronde clame
Un drame tombe
LA ROSÉE DE L’AUTOMNE
*
Nue dans la nuit tu resplendis
Brune comme un éternel incendie
Ta peau tiède dans la pénombre
Attire mes pensées vagabondes
Sur le tissu de ta chair
Glisse une ombre lunaire
Éclairé par l’astre circulaire
On voit luire une nouvelle matière
Tes pieds légers comme l’air
Flottent par-dessus terre
Tes doigts torturent l’obscurité
Avec leur molle curiosité
L’odeur de ton entrejambe
Avec le lilas se mélange
L’eau de rose dont tu es parfumée
Est ton unique habit de soirée
Sous la robe de tes cheveux
Somnole un arôme capiteux
La sueur de l’été résonne
Avec la rosée de l’automne
DUOMO BLEU
*
À Sienne j’observe le duomo
Venu du ciel dans l’arène des Homo
Sapiens qui sait ce que tu sèmes
À Sienne dans cent ans s’élèvera
J’observe le duomo de marbre
Aux lignes de zèbre blême
Biblique de peur du blâme
Le campanile cette bite du pape
Luisante et bandant vers Dieu
Vrombit les vêpres de vapeurs
D’asti et d’hostie d’Assise à Ostie
J’observe le duomo moi paria
Renégat hérétique péchereux
Des pensées impures plein les cheveux
Vers le duomo pur penche piteux
Ma tête d’hurluberlu déchu
Des idées opaques plein les yeux
Brillantissime duomo bleu
Ci-gît un homme qui t’a vu
DÉRAILLER
*
Dérailler du chemin
Tanguer un peu de côté
Sentir les mains du destin
Se laisser assez emporter
Sentir les mains du destin
Frôler nos frêles épaules
Guider nos yeux éteints
Voilà leur sacré rôle
Mais ces mains sont humaines
Nos rêves, nos peurs, nos désirs furieux
En nous s’égrène le vrai poème
Écrit par les peines de nos aïeux
Grand-père, grand-mère, que dites-vous ?
Et vous, arrière grand frère
Où dois-je aller, que dois-je faire ?
La clé réside au cœur de nous
Libido ou tendresse ?
Qu’est l’homme sans libido ?
Amuserait-il la tribune ?
Sculpterait-il ses abdos ?
Amasserait-il des fortunes ?
On n’étudie pas le droit français pour des prunes
Qu’est l’homme sans tendresse ?
Hurlerait-il à la lune ?
Irait-il à la messe ?
Naviguerait-il dans la lagune ?
On ne grimpe pas dans une gondole pour Neptune
Qui suis-je ? Libido ou tendresse
Je choisis l’une et l’autre me maudit
La schizophrénie me guette les amis
Et pourtant elles règnent sans partage
Sur nous qui sommes ses esclaves
Deux princesses pour un seul royaume
S’arrachent les cœurs sans pitié
Et moi au milieu sur mon trône
J’ai l’air d’un pion gris sur un échiquier
Polychrome
Je suis jaune comme le remords
Et vert comme le désir
L’un et l’autre me dévorent
Les vers se préparent à bondir
Je suis bleu comme l’infini
Et rouge comme la poussière
Tout l’univers se marre
Ridicule ? Certes oui
Je suis blanc comme un bébé
Et noir comme une pensée
L’espoir est un mégot
Le désespoir un escroc
Mes entrailles sont brunes
À l’intérieur ça triture
Mais le rêve au-dessus
Il est pur, oh ! comme il est pur
Mon état bâtard
Mon état bâtard m’a fait naître
Tel une louve j’ai tété son sein traître
Sous son aile bigarrée j’ai appris à voler
Sur sa carcasse déglinguée je me suis accroché
Mon état bâtard m’a fait souffrir à mort
Tel Cronos qui ses enfants dévore
De mon corps sans vie a poussé un figuier
Celui-là donne depuis nombre de fruits sucrés
Mon état bâtard allait me faire mourir
Tel Dionysos j’ai erré sans fléchir
Contre lui j’ai dû livrer des batailles à la Pyrrhus
Le deuil a duré cinq filles sinon plus
Mon état bâtard je le visite annuellement
Chaque fois que l’été ou l’hiver renaît
Je le déteste et l’aime pareillement
Vagabond est mon nom désormais
Libido ou tendresse ?
Qu’est l’homme sans libido ?
Amuserait-il la tribune ?
Sculpterait-il ses abdos ?
Amasserait-il des fortunes ?
On n’étudie pas le droit français pour des prunes
Qu’est l’homme sans tendresse ?
Hurlerait-il à la lune ?
Irait-il à la messe ?
Naviguerait-il dans la lagune ?
On ne grimpe pas dans une gondole pour Neptune
Qui suis-je ? Libido ou tendresse
Je choisis l’une et l’autre me maudit
La schizophrénie me guette les amis
Et pourtant elles règnent sans partage
Sur nous qui sommes ses esclaves
Deux princesses pour un seul royaume
S’arrachent les cœurs sans pitié
Et moi au milieu sur mon trône
J’ai l’air d’un pion gris sur un échiquier
Duomo bleu
À Sienne j’observe le duomo
Venu du ciel dans l’arène des Homo
Sapiens qui sait ce que tu sèmes
À Sienne dans cent ans s’élèvera
J’observe le duomo de marbre
Aux lignes de zèbre blême
Biblique de peur du blâme
Le campanile cette bite du pape
Luisante et bandant vers Dieu
Vrombit les vêpres de vapeurs
D’asti et d’hostie d’Assise à Ostie
J’observe le duomo moi paria
Renégat hérétique péchereux
Des pensées impures plein les cheveux
Vers le duomo pur penche piteux
Ma tête d’hurluberlu déchu
Des idées opaques plein les yeux
Brillantissime duomo bleu
La rosée de l’automne
Nue dans la nuit tu resplendis
Brune comme un éternel incendie
Ta peau tiède dans la pénombre
Attire mes pensées vagabondes
Sur le tissu de ta chair
Glisse une ombre lunaire
Éclairé par l’astre circulaire
On voit luire une nouvelle matière
Tes pieds légers comme l’air
Flottent par-dessus terre
Tes doigts torturent l’obscurité
Avec leur molle curiosité
L’odeur de ton entrejambe
Avec le lilas se mélange
L’eau de rose dont tu es parfumée
Est ton unique habit de soirée
Sous la robe de tes cheveux
Somnole un arôme capiteux
La sueur de l’été résonne
Avec la rosée de l’automne
Dérailler
Dérailler du chemin
Tanguer un peu de côté
Sentir les mains du destin
Se laisser assez emporter
Sentir les mains du destin
Frôler nos frêles épaules
Guider nos yeux éteints
Voilà leur sacré rôle
Mais ces mains sont humaines
Nos rêves, nos peurs, nos désirs furieux
En nous s’égrène le vrai poème
Écrit par les peines de nos aïeux
Grand-père, grand-mère, que dites-vous ?
Et vous, arrière grand frère
Où dois-je aller, que dois-je faire ?
La clé réside au cœur de nous
À propos
Si la gestation de Héra a commencé il y a longtemps, l’idée de mêler ces poèmes avec des photographies est récente. En 2022, en effet, Laura Reinartz et Jeanne Lakits ont ravivé ma passion pour la photographie, que je réservais autrefois à l’étude de paysages.
On sait combien Baudelaire ne goûtait guère cette « industrie » obsédée par le vrai, reprochant à la photographie de se désintérésser de l’imaginaire en imposant un réalisme froid. Toutefois, Baudelaire aurait prôné une esthétique de la photographie tirée de la peinture, où le portrait « serait exact mais aurait le flou d’un dessin. »
Professeur de yoga, danseuse professionelle, Laura et Jeanne utilisent leur corps au quotidien. J’ai voulu rendre hommage à ce « médium vital », ce vaisseau de l’âme, qui a inspiré nombre de poètes depuis la nuit des temps. À l’image de Baudelaire toutefois, avec « le flou d’un dessin. » Ma rencontre avec Jessica fut un heureux hasard – les fruits de notre collaboration m’ont amplement confirmé la pertinence de mes choix artistiques : usage du noir et blanc, poses travaillées, traitement de l’image faisant ressortir une impression d’irréel et d’étrangeté. En 2023, Sam, Carina et Carla ont accepté de travailler avec moi sur une vingtaine de nouveaux visuels ; en 2024, Lia, Ariana et Mia ont rejoint l’aventure poétique.
« Héra doit etre folle de rage » sera disponible en deux formats, voir sur ma page Boutique.
Merci à Jeanne, Laura, Jessica, Carina, Sam, Carla, Lia, Ariana et Mia !